Chère Andrée, notre très chère camarade et notre amie :
Après toutes ces années d’engagement pour le développement du syndicalisme, d’abord à la Mairie de Paris, puis à l’UD puis à la Confédération, tu as repris ton activité professionnelle à la DVD. C’est ainsi que nous avons eu l’honneur de te connaître. C’est notre premier souvenir et il n’est pas anodin…
Tu ne t’es jamais vantée de tes titres et de tes mérites. Pour toi, les responsabilités syndicales n’étaient pas une rente de situation, mais uniquement des fonctions que tu as exercées, dans le but de défendre les droits collectifs des salariés.
A tes yeux, ces responsabilités syndicales ne te donnaient pas plus de droit qu’à un autre salarié. C’est ainsi que tu as cherché, par tes propres moyens, un poste de travail, sans mettre en avant tes titres syndicaux, mais uniquement ton expérience professionnelle et ta détermination à ne pas subir l’ostracisme du fait de tes anciennes responsabilités.
Le syndicalisme n’est pas une rente de situation, mais un droit :
un droit constitutionnel.
Dès ton retour à la Mairie, tu as justement constaté que ce droit était bafoué. Tu t’es attelé avec ton énergie coutumière à donner vie à ce droit constitutionnel, pour tous les employés de la Mairie de Paris et pour toi-même.
Notre deuxième souvenir est celui de ta détermination à défendre les services Publics, à Paris mais aussi sur tout le territoire. C’est certainement cette conviction qui t’a conduite à être très exigeante quant à la qualité des services publics parisiens, mais aussi quant à la qualité et au professionnalisme du travail des agents. Qualité du service public, qualité du travail. Ils vont de pair nous répétais-tu sans cesse ! Tu t’es appliquée ce principe à toi-même, dans ton propre travail. Et très rapidement tu as su être appréciée par tous tes collègues pour ton sérieux, ta rigueur et ton sens des responsabilités.
Le troisième souvenir que tu nous laisses, est celui de la nécessité de se déployer dans tous les services. Tu nous disais toujours le syndicalisme ne se limite pas à telle ou telle revendication, aussi importante soit-elle : la CGT est un syndicat qui lutte pour une transformation sociale, où la loi de l’intérêt général domine sur celle des intérêts particuliers.
Tu nous répétais obstinément que RIEN n’est possible sans l’action des salariés. Cette action commence souvent par la défense de leurs conditions concrètes de vie et de travail. Dans ce domaine, tu ne nous donnais pas de leçon, mais tu faisais. Et ta première action syndicale, dès ton retour à la Mairie de Paris a été de t’occuper des Secrétaires Administratifs et de l’encadrement, puisque ce sont deux fonctions que tu as occupées pendant les dernières années de ta carrière.
D’ailleurs, lorsque je suis venue te voir à l’Hôpital, avant de me parler de ton état de santé, tu m’as demandé combien de SA avaient répondu au mail que nous leur avions envoyé la semaine précédente. Déplacez-vous, allez sur le terrain à la rencontre des salariés.
Toi, la grande syndicaliste, désignée par Krasucki lui-même pour occuper de hautes fonctions, tu as su te mettre à l’écoute des personnels. Tu étais une vraie syndicaliste, avec un véritable engagement. Un véritable dévouement envers les autres.
Tu n’as jamais cessé de te battre. La retraite a été un moment que tu as mis à profit pour nous faire bénéficier de ton expérience. Dans les moments difficiles, tu nous as encouragés et tu as porté l’US à bout de bras pour qu’elle reprenne vie. Ta présence nous a été précieuse. Et c’est grâce à toi si nous sommes tous réunis, plus forts pour mener de nouvelles luttes.
Andrée, avec ton départ, nous perdons une grande DAME !
Mais ta détermination et les idées que nous avons partagées avec toi
restent vives dans notre action de tous les jours.
Andrée, une dernière fois au nom de tous, je veux te dire qu’on t’aime.
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